Le bassin genevois et ses projets français, et si on en parlait ?

Imprimer

Centre commercial XXL, autoroute de 16,5 kilomètres, centrale nucléaire d’un demi-siècle … Notre région doit faire face à différentes décisions décevantes du côté français. De ces dossiers à contre-courant, parlons-en.

Ils sont présentés comme des projets innovants, responsables et même durables! Pourtant, à n’en pas douter, c’est davantage des années 70 que semblent sortir ces trois projets. Alors que les effets des crises écologique, économique et sociale se font sentir, il convient de s’interroger sur la direction empruntée.

 

Trois projets à contre-courant

OPEN, c’est son nom. Situé à Saint-Genis-Pouilly, dans le pays de Gex, ce projet de centre commercial et de loisirs démesuré s’étalerait sur 50’000 mètres carrés de zones agricoles et son parking accueillerait, à lui seul, 2’000 voitures. 

Dans le département de l’Ain toujours, à 80 kilomètres de Genève, c’est la centrale nucléaire du Bugey, mise en service en 1972, qui vient de gagner 10 ans de vie supplémentaire à ses 50 ans initialement prévus. Et ce, suite à une simple décision de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Sans concertation ni discussion, cette centrale d'un demi-siècle, maintes fois critiquée, laisse ainsi planer sa menace bien au-delà de ses frontières.  

En Haute-Savoie enfin, c’est un projet d’autoroute entre Machilly et Thonon qui se concrétise chaque jour un peu plus. En parallèle du Léman Express, qui retrouvera une vitesse de croisière correcte le 5 avril prochain, cette allée bétonnée pourrait, à terme, voir circuler quotidiennement 10’000 à 15’000 véhicules. Avec autant de nuisances et de pollutions avant, pendant, et après son inauguration.

 

Menaces sur notre bassin de vie

Tous ces projets répondent à des besoins importants: se nourrir, se chauffer et se déplacer. Soit. Et le débat ne tient pas sur ces nécessités à combler, mais sur les orientations qui sont données pour les réaliser. Certain-e-s parleront d’ingérence dans des dossiers français, je propose plutôt une réflexion sur des projets majeurs de notre espace transfrontalier, tout en reconnaissant la souveraineté de chaque région.

Notre eau, notre air et notre terre sont des bien précieux et fragiles. La crise climatique à laquelle nous faisons toutes et tous face en est le meilleur exemple. Souillés, ces différents milieux deviennent hostiles à toute biodiversité et à de multiples activités, y compris humaines.

Or, ces trois projets ont un point commun: situés sur le territoire français, ils ont tous un impact considérablement néfaste sur les nappes phréatiques, l’air et les terres que nous partageons. Allondon potentiellement asséché, engorgement des routes périphériques, mobilité douce torpillée, terres agricoles sacrifiées … Pas encore réalisés, ces projets provoquent des risques d’ores et déjà connus, mais qu’une minorité ne souhaite pas évoquer et ce, sous couvert de souveraineté, voire de modernité.

 

Des pièges qu’il nous faut refuser

Alors que les centres-villes ont du mal à conserver leur attractivité avec le départ de leurs petits commerces, alors que nous commémorons les 10 ans d’un accident nucléaire et alors que des moyens importants sont mis pour développer la mobilité douce, comment peut-on justifier ces trois projets? 

Fruits d’intérêts privés, ils se font au détriment de la majorité de la population, ne répondent pas aux attentes d’une région ni aux défis d’une génération. Car en 2021, les besoins sont ailleurs: soutenir nos artisans, concrétiser une transition énergétique et fortifier une mobilité durable.

Les avantages de ces projets n’existent pas sur le long terme. Pire, il s’agira de trouver des solutions pour limiter au maximum les nuisances que notre région subira durant de nombreuses décennies si ils aboutissent.

 

Le bassin genevois et ses projets français, oui, parlons-en. Car nous sommes à un tournant et ces projets, s’ils ne sont pas vivement combattus, agiront comme de puissants freins au développement de notre bassin de vie. Pire, ils participeront à la dégradation marquée de la qualité de vie dans notre région partagée.

Commentaires

  • Bonjour

    Même si on peut être d’accord que le projet de centre commercial n’est pas idéal là où il est prévu

    Force est de constater que l’on ne veut plus des consommateurs au centre ville par une politique dogmatique ne faisant pas la part des choses.

    Je ne peux concevoir aller faire des courses en tpg et deux changements avec un bus max toute les 30 minutes et porter des sacs que je dois en plus payer!

    Alors il est mille fois plus facile de faire ses courses dans les grands centre commerciaux où tout est fait pour nous faciliter la vie.

    Si je rajoute le fait que je peux payer jusqu’à 50% moins cher les mêmes articles....

    On parle de commerce local mais au fait quel est le pourcentage d’employés locaux genevois???

    Continuez cette politique vous finirez de tuer le peu d’activité commerciale

    De quel droit Genève se permet de dire quelque chose sur ce qui se passe en France

    Je suis le premier à bondir quand des élus de l’autre côté se le permette....

    J’ai décidé de ne plus m’embêter Amazon avec pick pu en France ou les grands centres commerciaux accessibles et tant pis pour le commerce local hors de prix et inaccessible

    Meilleures salutations

  • Les français ont entièrement raison, ils veulent attirer les genevois dans leurs centres commerciaux puisque les gauchistes genevois ne veulent pas que les citoyens se rendent dans la centre-ville en voiture. Tous les jours nous constatons que les propositions des socialos et des khmers verts sont débiles, exemple ? Le parc des Evaux, le conseil administratif d'Onex en mains gauchistes veut refuser que l'académie du Servette s'installe car il y aurait trop de voitures mais ces mêmes élues apprécient que, tous les week-ends, des centaines de picniqueurs laissent leurs déchets dans les pelouses ! C'est des tonnes de merde, restes de bouffe, bouteilles cassées, canettes vides, mégots, seringues, etc. que les employés municipaux ramassent tous les lundis et je ne parle même pas du bruit, des radios ou autres appareils "musicaux" qui dérangent les habitants voisins ! Autre exemple, les voitures des campagnards, banlieusards ne sont plus acceptées en ville de Genève mais les citadins laissent leurs bagnoles au bord des champs, des cultures et, même, balancent leurs poubelles dans la nature ! Interdisons les voitures des citadins dans nos campagnes, qu'ils restent dans leur piteuse ville !

  • Vous semblez ignorer qu'à bien des égards nous vivons déjà en France (ironie). Et nous allons en importer également tous les égarements (assonance) des campus américains, par l'intermédiaire des groupes extrémistes d'outre-frontière (un certain contre-sens), qui oublient pour une fois qu'ils ne savent pas l'anglo-américain et détestent les USA.

Les commentaires sont fermés.